Pérou



“Dans mon excitation, j’oubliais ma fatigue et me roulais vers le sous-bois humide avant de m’arrêter, le cœur battant... D’immenses blocs de pierre semblaient jointifs mais sans mortier: la plus belle construction des Incas“.

Hiram Bingham face au Machu Picchu, le 24 juillet 1911

 

Il y a des phrases comme celle-ci qui restent ancrées dans la mémoire des hommes...Et puis, comment ne pas se pâmer devant une telle merveille? Comment rester stoïque face à la vision soudaine de ce mythe devenu réalité ?

 

“Celui qui ne voyage pas ne connaît pas la valeur des hommes” disait Ibn Battûta, le “Marco Polo” de l’Islam.

Chez Les Routes du Monde, la culture ne peut pas ou plutôt ne doit pas être dissociée du vrai sens du voyage. Car voyager nous ouvre au monde en même temps que le monde s’ouvre à nous.

 

L'aboutissement de ces voyages est souvent une phrase qui survivra à celui qui l’a exprimé. Et les richesses du Pérou sont à l’origine d’une liste de phrases célèbres aussi nombreuses que les découvertes effectuées tout au long de son histoire, tel le “Ari Quepay” - "Oui, restez" - lancé par l’Inca Mayta Capac à son armée, extasié face à la vallée d’Arequipa, d’où elle tire son nom. Ou encore : “C’est le Pérou” des conquistadores mais aussi : “c’est comme un papier chiffonné” de Raimondi, se référant à l’abrupte géographie d’Apurimac.

Les auteurs de ces phrases rejoignent donc une constellation d’explorateurs dont font partie à jamais Middendorf, De la Condamine, Squier, Wiener, Markham, Von Tschudi, Tello et bien sûr, Bingham.

 

En dépit de l’humilité que la nature prodigieuse du Pérou inspire aux hommes et aux femmes qui le parcourent, ces auteurs ont fait preuve d’une lucidité propre aux génies et nous ont légué des récits de voyages exceptionnels qui ont accompagné mes rêves d’enfance et ensuite mes propres périples à la recherche de l’inconnu, du lointain, de l’inatteignable. Ils ont voué leurs vies à explorer et à décrire ce qu’ils ont vu et m’ont poussé à essayer d’apprendre et à connaître la sagesse des peuples qui ont vécu avant moi dans ces contrées souvent inhospitalières pour les occidentaux.

 

La musique, création du génie humain inspirée par Dieu, est souvent la seule compagnie de ces rêves itinérants. Comment oublier les accords des tambours qui retentissaient dans mes oreilles d’enfant lors de mes voyages à Cabana? ou la voix stridente de La Princesita de Yungay qui annonçait l’aube sur les plaines de Conococha, transformée en gazouillis de chardonnerets face aux géants enneigés de la Cordillère Blanche? Ou le chant mélodieux de WaraWara qui résonnait au rythme de mon cœur à la vue de la vallée du Mantaro?

Je me rends toutefois à l’évidence qu’aucune mélodie ne remplace celle produite par le vent qui balaie la puna et berce l’ichu, celle des vagues écumeuses de l’océan Pacifique heurtant les rochers ou celle des loriots virevoltant à la lumière de l’aurore amazonienne.

 

J’aimerais qu’en lisant ces lignes, vous déceleiz l'amour que dégage mon cœur lorsque je m'exprime sur mon pays.

Cet amour m'a été inculqué par mes parents, il a été ensuite nourrit par les récits des explorateurs et finalement est scellé dans mon âme par l’extase que me procure la vision de ses paysages, voyage après voyage.

 

Mon but est donc que comme moi, vous frémissiez d’émotion en découvrant les accidents géographiques de ce “papier chiffonné “ qu’est mon pays: à rêver sur les serpents d’or qui sillonnent la forêt, sur les esprits qui hantent les steppes, à imaginer les confins du désert, à arrêter la musique humaine et la remplacer par le silence effroyable et serein à la fois des haut-plateaux. Ce silence rompu uniquement par le battement d’ailes des condors et la course furtive des vigognes. Ne craignez pas les plus hauts cols car un grand sourire et des cœurs généreux vous attendent à l’autre versant de la montagne....Ne craignez pas le ciel se couvrant de velours noir sur les rives de l’Amazone car un clair de lune et des paillettes déclencheront à l’unisson toute la magie d’une nature bénie, admirée depuis la nuit des temps par mes ancêtres et par ceux qui ont eu la chance de l’admirer.

 

Chers voyageurs, Chères voyageuses : Bienvenue au Pérou - Welcome to Peru

 

Luis-Felipe Lopez Vasquez